Je suis de ces vieux arbres,
Qui respirent le vent,
De ces statues de marbre
Qui transpirent le temps.
Je suis ce lac gelé
Par un hiver trop rude,
Cette cascade figée
Par tant de solitude.
Je suis ce sycomore
Avare de ses fruits
N’attendant que la mort,
Tristement, sans un bruit.
Je suis cette terre brûlée
Par un trop bel été,
Ce spectre décharné,
Comme un pin foudroyé.
Je suis ce condamné
Suspendu au gibet,
Les yeux écarquillés
Par tant de cruauté.
Je suis ce vieux monsieur
Qu’on salue poliment,
Pourtant tellement soucieux
Qu’on soit impertinent.
Mais qui suis-je en effet
Pour n’espérer qu’un jour
Je ne puisse t’inspirer
Qu’autre chose que l’amour ?
Tu es ma source vive,
Tu es mon chant d’oiseaux,
Mon Hélène captive,
Mon Phénix, mon flambeau.
Décrépitude
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