Ô combien de quatrains
Combien d’odes enflammées,
Combien d’alexandrins
Finement ciselés,
Pour fléchir tes desseins,
Me faut-t-il enfanter?
Sans cesse, tu fécondes
Ma piètre poésie,
Et pas une seconde
Sans être en frénésie,
Sans qu’un hymne ne gronde
Dans mon esprit transi.
Ma pauvre tête résonne
De mots qui s’entrechoquent,
De refrains polyphones,
De rythmes qui m’évoquent
Le chant du xylophone
Aux notes équivoques.
Tant ces vers se bousculent
Et grouillent dans ma cervelle,
S’entrelacent et ondulent,
En un bal démentiel
Qu’à la fin j’éjacule
D’une humble ritournelle.
Tous ces mots affamés
De rimes enluminées,
Cette terrifiante armée
D’escadrons de sonnets,
Me dévorent déprimé,
Me transmuent passionné.
Mais si tous mes poèmes
Te charment et te séduisent,
Et mes chants de bohème
Te rendent indécise,
C’est ton cœur qui essaime,
En moi, ces odes exquises.
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