Un éclat de tonnerre a transpercé mon ciel
Une chape de plomb s’est abattue sur moi,
Je suis dans la tourmente, mon cœur est en plein fiel,
Je sombre à tout jamais, mon cœur est plein d’effroi.
Qu’est-il donc arrivé que je n’ai vu venir ?
J’étais pourtant parti par un ciel serein.
Seuls, de mauvais augures, voulant m’anéantir,
Ont pu subitement contrarier mon destin.
Pourrais-tu m’expliquer l’alchimie amoureuse,
Qui dépasse désormais mon simple entendement,
Ces élans invincibles, ces forces mystérieuses,
Qui unissent les êtres irrésistiblement ?
Pourquoi n’ai-je pas pu t’insuffler dans le cœur
Une infime partie de ma folle passion,
Pourquoi n’ai-je pas su suffire à ton bonheur
T’ensorceler toujours, être ton pygmalion?
À quel homme comptes-tu accorder tes faveurs?
Quel amant chimérique faut-il être pour t’aimer?
Le temps me fait défaut, mon âge est ma douleur,
Je ne suis plus certain de pouvoir t’espérer.
Et que te dire de plus que n’aie-je déjà écrit
Qu’aucun de tes amants n’aurait osé te dire,
Qu’aucun homme avant moi, par ses pleurs, par ses cris,
N’aurait de sa pudeur voulu se dévêtir ?
Je me suis dépouillé, devant toi, misérable,
J’ai arraché ma peau, découvert mes entrailles,
J’ai tout abandonné, à tes pieds, vulnérable,
Cela n’a pas suffi à vaincre tes murailles.
Si c’est grande folie de t’aimer de la sorte,
Et qu’aimer doive toujours rimer qu’avec raison
Alors que l’on m’enferme avec mes amours mortes,
À ces chaînes dorées, je préfère ma prison.
Tempête
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