Chaque ombre sur ta peau
M’inspire un long poème,
Ecrit comme un drapeau,
Pour te dire que je t’aime.
Si j’étais né Rimbaud
Baudelaire ou Verlaine,
Je saurais d’un seul mot
Te tenir en haleine,
Je saurais comme Hugo
T’écrire une épopée,
J’y serais ton héros
Et ton preux chevalier.
Je saurais te chanter
L’ivresse des bateaux,
L’Iliade et l’Odyssée,
Un air de boléro,
Je saurais t’embrasser
De cent vers, de mille mots,
Chacun de mes baisers
Rimant en Roméo.
Je n’ose imaginer
Tout ce qu’auraient écrit,
S’ils avaient pu t’aimer,
Ces poètes maudits.
J’entends, la nuit tombée,
Et leurs pleurs, et leurs cris
Leurs sanglots déchirés,
Qui hantent mon esprit.
Je ne suis ni poète,
Ni peintre, ni musicien,
Ni l’égérie muette
Du cimetière marin,
Je ne sais habiller
De lumière les matins,
Je ne sais éclairer
D’un seul trait mes desseins,
Je ne sais que t’aimer,
Te le montrer sans fin,
Patiemment t'exhorter
D’accepter ton destin.
Muse
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