Oh temps, source d’espoir
Et pourtant si cruel,
Tu ternis ma mémoire
D’une ombre presque irréelle.
Suspendue au présent,
Chaque minute étincelle.
Unique, défiant les ans,
Chaque heure semble éternelle.
Que croire de ces moments
Aussi mélancoliques,
Alors qu’avec le temps
Ils me paraissent cyniques,
De ces purs sentiments
Que j’avais cru magiques,
Sans douter un instant
Qu’ils puissent être dramatiques.
J’en garde cependant
Un souvenir intime,
Un vague pressentiment,
Une émotion sublime,
L’impression de sombrer
Tout au fond d’un abîme,
Quand je m’imaginais
Flirter avec tes cimes.
Chacun de tes tourments
Qui me font tant souffrir,
Qui hantent maintenant
Chacun de mes soupirs,
Est un défi constant
Au seul de mes désirs,
Une île, un continent
Qu’il me faut bien gravir.
Amant déboussolé
D’un capricieux navire,
Que de fois persuadé
D’enfin t’appartenir,
Sans cesse abandonné,
Je suis, comme un martyr,
Éternel condamné
À te reconquérir.
Tristesse
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