Souffrances

Et je ne suis qu’un cri mais c’est un cri muet,
Je gueule mes tourments comme une prostituée,
Aucun son ne franchit la lumière de mes lèvres,
Je refoule dans mon cœur ma douleur et ma fièvre.

Et cette âpre souffrance m’est d’autant plus cruelle,
Que je ne peux attendre aucune aide du ciel,
Parce que tu es la seule qui pourrait la comprendre
Et que tu es la seule qui pourrait la suspendre.

Nous détenons ensemble les clés de mon bonheur,
Tu possèdes malgré moi celles de mon malheur,
Tu refuses d’embrasser notre félicité,
C’est le prix monstrueux de ta sérénité.

Je suis paralysé, je ne sais plus que faire,
Je ne sais plus comment de cette folie t’abstraire,
De quelle manière briser ces chaînes inopportunes,
Ni comment te convaincre d’accepter ta fortune.

Car je sais que tu souffres aussi fort que je souffre,
Et que, dans nos errances, chacun de nous s’engouffre,
Que nous creusons aveugles notre propre tombeau,
Que nous ne voulons voir y briller nos flambeaux.

Je ne sais toujours pas pour quelle obscure raison
Tu t’obstines sans relâche à nier mes passions,
À préférer les chants austères de la sagesse,
Aux mélopées lyriques de mes tendres ivresses.

Nous sommes tous les deux, à la fois mer et terre,
Tout aussi différents que sommes complémentaires,
Et je ne veux plus être cette mer asséchée,
Comme ne veux que tu sois cette terre désertée.

Je veux voir dans ton ciel mes étoiles scintiller,
Je veux voir dans tes yeux mon cœur s’émerveiller,
Je veux voir dans tes larmes les reflets de ma joie,
Je veux voir s’éclairer ton sourire narquois.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Au hasard du net, je tombe sur tes mots qui, ressentis proches et intimes, m'ont parlé à l'âme.