Ultime extase

La courbe de ton sein
Dans le creux de ma main,
Qui palpite et pépie
Comme l'oiseau dans son nid ;

Tes lèvres sur mon épaule
Qui s'attardent et me frôlent,
S'hasardent lentement,
En des lieux détonnants ;

Tes cheveux m'enivrant
De parfums envoûtants
Aux fascinants mélanges
Et aux senteurs étranges ;

Mes yeux buvant le bleu
De tes yeux malicieux,
Cherchant à deviner
Des secrets inavoués ;

Ton sourire moqueur,
Ton regard trompeur,
Un masque sur ta pudeur,
De fierté, de candeur ;

Mes doigts lisant ta peau
Déchiffrant chaque mot,
Les pleins et les déliés
De ton intimité ;

Ton long corps féminin
Blotti contre mes reins,
Qui se love et s'enroule
Comme la proue dans la houle ;

Une trouble caresse,
Qui remplit d'allégresse,
Une chaude humidité,
Au goût de karité ;

Un soupir plein de fièvre
S'échappant de tes lèvres,
Comme une invitation
À d'autres attentions ;

Des pensées fatidiques,
Des rêves impudiques,
Qui hantent mes délires,
Et que je n'ose dire ;

Une sourde fureur,
Venue des profondeurs,
Débordant de plaisir,
Qui demande à jaillir ;

Des instants volcaniques,
Leurs fracas symphoniques,
Un déluge de flammes
Comme la fin d'un drame ;

Une brusque langueur,
Une douce torpeur
Qui nous submergent, exquises,
Et qui nous paralysent ;

Le temps s'immobilise,
Nos corps se cristallisent,
L'éternité muette
Résonne dans nos têtes ;

Et nos êtres enlacés
Et comme abandonnés,
Tout rassasiés d'amour,
Sommeillent pour toujours.

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